Les Yvelines et les Hauts-de-Seine doivent-ils fusionner ?

dans l’article paru dans Le Parisien du 29 juin 2017 (signé Yves Fossey et Anne-Sophie Damecour), notre syndicat répondait à cette question par l’intermédiaire de Jean-Pierre Chassang.

CONTRE. Jean-Pierre Chassang, membre de la commission exécutive du syndicat CGT du conseil départemental des Hauts-de-Seine : « Une détérioration des services publics de proximité »

  1. Pourquoi êtes-vous opposé à cette fusion ?

JEAN-PIERRE CHASSANG. Nous craignons que cette fusion accentue le désengagement déjà amorcé dans de nombreux domaines qui relèvent pourtant des missions des départements. Les exemples les plus flagrants sont ceux des centres de PMI et de l’aide sociale à l’enfance. Nous constatons déjà une véritable détérioration des services publics de proximité. Et cela concerne évidemment les populations qui en ont pourtant le plus besoin. Ce n’est pas en mutualisant les moyens, et donc en faisant des économies de fonctionnement, qu’on améliore la prise en charge des habitants. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : entre 2013 et 2016, le nombre d’agents est passé 6 835 à 5 749 dans les Hauts-de-Seine.

Sur les services ayant déjà fusionné, quels sont vos premiers retours ?

Les agents sont encore plus éloignés de leurs lieux de mission et les dysfonctionnements nombreux. Le département des Hauts-de-Seine est déjà très compliqué géographiquement. Associé aux Yvelines, avec des territoires urbains et ruraux, cela devient un véritable casse-tête. A cela s’ajoutent les non-remplacements des agents, que ce soit au service de l’adoption ou celui de la voirie, désormais gérés par l’établissement public interdépartemental.

Qu’attendez-vous aujourd’hui ?

Nous demandons d’une part une consultation de la population, car ce projet politique sans aucune concertation des habitants n’est pas démocratique. Nous voulons également que les agents soient associés aux discussions car ils ont l’expertise. Depuis des mois, tout se fait sans eux.

Pensez-vous que le processus ira jusqu’au bout ?

Les deux assemblées vont vouloir aller jusqu’au bout mais la balle n’est plus dans leur camp. Elle est dans celui du gouvernement, qui ne semble pas avoir les mêmes projets pour les départements de petite couronne, puisque aujourd’hui, c’est leur disparition qui est évoquée. Choisir entre la disparition et la fusion revient pour nous à choisir entre la peste et le choléra. Car ce que nous défendons, c’est le service public de proximité.

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